Julie d'Aiglemont

Chroniques du règne de Manu le Petit

Chronique du premier jour de l’automne, vingt deuxième du mois de septembre, en l’an de très très grande disgrâce vingt et un. Où il est question de manigances aux antipodes, d’une grande trahison à venir et d’une certaine joute oratoire. La fourberie des Angliches des Antipodes, qui s’étaient alliés à Sir Joe du Bidon et […]

Chroniques du règne de Manu 1er

Chronique du dimanche le cinquième du mois de septembre de l’an de très très grande disgrâce vingt et un. Où il est question de jonglages, de tartarinades et d’une fort sotte lubie. Notre Fieffé Bonimenteur – qui n’avait jamais oublié son premier métier : il avait été banquier- promit doncques monts et merveilles aux Massaliotes, jonglant […]

Chroniques du règne de Manu 1er

Chronique du neuvième jour du mois d’août, en l’an de très très grande disgrâce vingt et un Où il est question d’une certaine réminiscence, et de grandes manœuvres. Les Riens et les Riennes se réveillèrent en ce matin du neuvième jour du mois d’août sous un nouveau régime : celui du sauf-conduit hygiénique. La dernière fois […]

Chroniques du règne de Manu 1er

Courte chronique du cinquième jour du mois d’août en l’an de très très grande disgrâce vingt et un. Où il est question d’un trépas. Ce fut un jour funeste. La vieille République – fort mal en point depuis que Notre Cynique Tartuffe lui avait fait subir maint et maint outrages – trépassa. Le coup fatal […]

Chroniques du règne de Manu 1er dit le Pieux

Ce fut un jour funeste pour celles et ceux qui vénéraient encore les valeurs de la vieille République. Voilà que sur décret du Roy, les théâtres, les cinématographes, les musées, en un mot les lieux où l’on pouvait baguenauder et oublier la dureté des temps, devenaient interdits aux réfractaires et aux hérétiques. On n’y admettait désormais plus que les béats, c’est à dire celles et ceux qui avaient reçu la double onction de la Sainte-Vaccine et pouvaient ainsi, les valeureux et les bienheureux, en exciper au moyen d’un laisser-passer. Ainsi le Roy en avait-il décidé et il l’avait fait savoir à son vil peuple, lequel devait se soumettre ou périr.

Chroniques du règne de Manu le Petit

Chronique du septième jour du mois de juillet en l’an de très grande disgrâce vingt et un. Où il est question d’une certaine leçon, d’un cas aigu d’amnésie et d’une fatale fatuité. On ne finissait plus de commenter la causerie que le Roy avait accordée à la Gazette des Riennes. Non content de fixer la […]

Chroniques de Julie d’Aiglemont

Chronique du onzième jour du mois de juin, en l’an de très grande disgrâce vingt et un. Où il est question de geôle, de magnanimité bien étudiée et d’un certain égarement. Comme on n’avait point encore rétabli la justice de l’Ancien Régime, ce fut celle, plus clémente, de la vieille République qui s’appliqua. Ainsi le […]

Chroniques de Julie d’Aiglemont

Chronique du septième jour du mois de juin, en l’an de très grande disgrâce vingt et un Où il est question de cervelles racornies, de haines féroces et de digues détruites. Or doncques, pendant que le Roy avait entamé sa Très Grande Perambulation sur ses terres, en vue de remporter à nouveau la première joute […]

Chroniques du temps de la grippe pangoline

Chronique du treizième jour du mois de mai, en l’an de disgrâce 21 Où il est question de bon plaisir, de poids et de démesure et d’une bien peu ragoûtante farce. Le Roy se languissait fort que l’épidémie de grippe pangoline fût terminée. Son premier Grand Chambellan, le baron du Cachesex, partageait en tout point […]

Chroniques du temps de la grippe pangoline

Madame de la Pâlie, la Chambellane Des-Armées, croyant tirer à vue sur madame de Montretout et les vieux bellicistes, avait fait long-feu. La ChatelHaine pavoisait haut. Elle se vit invitée dans les salons de la Gazette Rance Infaux. Piquée au vif d’avoir été traitée de «molle » par le duc du Dard-Malin, la cheffe des Haineux jouait à merveille la partition de la surenchère. Elle se payait le luxe, ayant foulé aux pieds dans sa missive les principes de la vieille République, de s’en réclamer et de briguer le Trône. La Gazette Tares Avariées n’en était point à sa première tentative de pronunciamento. On pouvait régulièrement y lire les propos factieux du vicomte du Joli de la Vileté, lequel avait eu un temps son couvert au Château avant que d’indisposer Notre Ombrageux Bibelot. Le vieux général de la Malepiquouze, l’un des instigateurs de ce qui était pour certains une rouspétance de charentaises, y tenait aussi tribune.