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Chronique du règne de Manu 1er dit Le Petit Frère des Riches.


Chronique du 31 décembre.

L’annus horribilis s’achevait par un nouveau grand patratas. Pendant que Notre Suprême en Gelée peaufinait son discours, ce pensum traditionnel de fin d’année qui voulait que Sa Délicieuse Galantine s’adressât à ses sujets bien ingrats pour leur souhaiter une bonne année, les Riens et les Riennes, commentaient les dernières nouvelles. Le nom du sieur de GrosBras était sur toutes les lèvres. On l’avait laissé en grand conciliabule avec le frère d’un de ces tyrans africains dont les monarques de notre vieux pays avaient toujours raffolé. On le retrouvait s’épanchant abondamment dans une gazette d’opposition, dirigée par un vieux séditieux à moustaches, le sieur Plénus. C’était à n’y rien comprendre. Voilà que monsieur de Grosbras expliquait par le menu qu’il était toujours du dernier bien avec Notre Bien-Aimé Jupitou, lequel le consultait tous les jours sur la conduite de la StartupNéchionne. Sa Grandeur Chiffonnée était si mal entourée ! Les conseillers vivaient sur une autre planète. Ils s’adressaient à Notre Bambin Egaré comme si ce dernier était sous tutelle. Les passeports diplomatiques ? Oui, bien entendu, il les avait utilisés, c’était si commode pour ses propres affaires. Et il ne faisait rien de mal, le Château les lui avait fait parvenir, pour le remercier. In fine, Monsieur de Grosbras confia à Moustachus Plénus qu’il se sentait quelques accointances avec ces enragés d’Engiletés. Il fallait les comprendre. La vie était devenue hors de prix, et tout le monde ne pouvait prétendre aux mirifiques émoluments des Très-Chers-Conseillers.

Sa Très Martiale Petitesse avait passé Noël auprès des troupes armées basées dans la lointaine et mystérieuse Afrique. La vue et la proximité de tous ces jeunes hommes braves, aux muscles saillants sous les chemises, leurs beaux visages brunis sous le soleil, avait mis du baume au cœur de Notre Incorrigible Jouvenceau. Mais il lui avait fallu regagner Paris. Les Engiletés avaient menacé de revenir battre le pavé. Notre Prince Vaillant en tremblait. On fit refaire les malles. Ordre fut donné aux Conseillers de ne rien laisser fuiter de la destination de leurs Pipolesques Altesses. Il apparut donc que Sa Détresse des Profondeurs avait tout simplement disparu. Des gazetiers aux aguets – à moins que ce ne fut un boulanger – retrouvèrent bientôt sa trace. On venait de le rencontrer, accompagné de la Reine-Qu-on-sort, à l’heure du souper, sur la grand-place d’un modeste petit village de pêcheurs, Saint Tropez. Ce petit village était devenu depuis des décennies la coqueluche des riches de ce monde. C’était là, dans ces rues étroites, aux petites maisons basses, que Notre Provocant Freluquet avait décidé de passer quelques jours, afin d’oublier les gueux et leurs satanés gilets.

On regagna la capitale le dimanche soir. Des heures et des heures de préparation furent nécessaires aux caméristes et aux valets de pied pour maquiller Sa Cireuse Décadence. L’allocution à la StartupNéchionne allait se faire en direct, les Lucarnes Magiques transmettraient dans tous les foyers des Riens et des Riennes le divin discours qui réconcilierait enfin Notre Bienveillant Timonier et ses récalcitrants de sujets. Les Riens et les Riennes de leur côté préparaient les cotillons. Le jaune était de mise partout.

2 commentaires sur “Chronique du règne de Manu 1er dit Le Petit Frère des Riches.

  1. Toujours aussi excellent ! Belles fêtes à vous…

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