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Chronique du règne de Manu 1er dit le Messie

Chronique du 28 août

Le grand raout des Importants avait donc eu lieu. Ces nobles personnages s’étaient gobergés, avaient ripaillé, pété dans la soie, en un mot comme en cent, ils avaient fait bombance aux frais du peuple. A quelques lieues de là, à Hendaye, des séditieux et séditieuses avaient refait le monde pendant que, dans Biarritz transformé en camp retranché, Notre Coûteux Bibelot s’était amusé avec ses amis à gloser sur « la lutte contre les inégalités ». A la surprise générale, Donald-Le-Dingo, roi des Amériques, s’était montré fort affable, tout en menaçant de faire exploser ses engins de guerre au nez de tous ceux qui lui résisteraient. Survoltée et exaltée, plus bronzée que jamais, Sa Vibrionnante Petitesse avait revêtu son costume de Sauveur de la Planète. Le Chenil des Gazetiers-fort-bien-nourris-aux-croquettes L’encensa comme jamais. Monsieur de Barre-Bier ne se sentait plus d’aise de lécher les chausses de Notre Ardent Messie. La Reine-Qu-On-Sort fit la Une des gazettes : gracieusement vêtue d’une robe rouge, juchée sur ses talons vertigineux, elle s’en était allée jouer les Marie-Antoinette à Espelette en compagnie des tendres moitiés des Importants. Notre bonne souveraine se consolait ainsi d’avoir été moquée d’importance par le frère jumeau brésilien de Donald-Le-Dingo, le Capitao de Bolsonar. En effet, une crise diplomatique avait éclaté entre la Startupnéchionne et le royaume de Brésil. Pendant que les Importants se gaussaient, se taquinaient, et défaisaient le monde à Biarritz, de l’autre côté de l’Atlantique, en Amérique du Sud, la forêt de l’Amazonie brûlait. Cela émut le monde entier. Monsieur de Bolsonar, qui avait autorisé que l’on défrichât à tout va cette forêt, pour y faire passer une autoroute, accusa – comme en son temps le chancelier Adolf Hitler avec les communistes – ses ennemis les écologistes, d’y avoir mis le feu. Notre Petit Bobardeur, dans son vert costume, se sentit obligé de faire savoir qu’il se préoccupait de ce qui se passait dans le royaume du Brésil, avec lequel la Startupnéchionne avait une frontière commune et des accords commerciaux à venir. Oubliant fort opportunément qu’Elle avait autorisé semblable défrichement et moult excavations sur le territoire de la Guyane voisine, pour satisfaire des appétits aurifères des grandes compagnies, Sa Suffisante Hypocrisie se mit en tête de hausser le ton vis à vis du Capitao de Bolsonar : le traité de commerce avec son royaume ne saurait être signé en l’état. Il faudrait présenter des gages de bonne conduite. Le Capitao, qui était un homme brutal et sanguin, et qui avait gagné le Tournoi de la Résidence Royale en faisant envoyer aux fers son rival le tribun Lula, vomit de rage. De quoi se mêlait ce misérable roitelet ? Non content d’accuser Notre Brillant Jouvenceau d’arrières-pensées colonialistes, il fit donner la charge par ses partisans : l’un d’eux se moqua ouvertement du physique de la Reine-Qu-On-Sort, lui comparant les formes avantageuses de la propre moitié du Capitao, une jeune et avenante personne. Ce dernier approuva grassement, prouvant s’il s’en fallait encore, qu’il n’était qu’un butor et qu’un affreux machiste. Les Nadas firent contrition, on s’excusa via les gazettes et les réseaux sociaux, un écrivain prisé – hélas ! – par les Riens et les Riennes, fit acte de repentance. On oublia l’Amazonie. Heureusement, le chef Raoni continuait de demander le départ de cet épouvantable Capitao de Bolsonar. Chacun choisissait les causes qu’il lui paraissait opportunes de défendre.

A l’issue du grand Raout, Notre Mirifique Babillard convia un parterre de gazetiers-bien-triés-sur-le-volet pour y discourir, en compagnie de son grand et merveilleux ami, Donald-Le-Dingo, roi des Amériques. Il n’en ressortit rien, comme à l’accoutumée. Sa Vertigineuse Altitude était bien décidée à continuer à réformer le pays et à mettre au pas les Riens et les Riennes, lesquels furent dûment chapitrés : il n’y avait eu de la part de la maréchaussée aucune « violence irréparable » contre les Engiletés, il n’y avait eu « aucun mort » . Dans la bonne ville de Marseille, où les siens la pleuraient toujours et réclamaient justice, on n’oubliait pas cette pauvre vieille Rienne qui avait été atteinte par une charge des reitres noirs alors qu’elle fermait ses volets. Elle en avait perdu la vie. Mais ce n’était qu’une Rienne et pour Notre Glorieux Messie, elle n’existait pas, pas plus que le pauvre jeune homme de Nantes. En la Startupnéchionne, en l’an de grâce 2019, il fallait naitre du bon côté de la rue, celui où l’on n’avait qu’à se pencher pour trouver un emploi. Malheur aux mutilés et aux éborgnés parmi les Engiletés, ils n’avaient eu que ce qu’ils méritaient.

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Chroniques du règne de Manu 1er dit Le Galopin.

Chronique du 21 août.

Il se préparait dans la bonne ville de Biarritz un grand raout des sept Importants de la planète. La cité basque était peu à peu transformée en camp retranché On y traquait férocement tous les supposés factieux, on faisait venir des hordes de reitres noirs, on imposait aux habitants le couvre-feu et les volets fermés. Pour consoler le tsar Vladimir, qui n’avait plus l’heur de compter parmi ces Importants, à quelques jours de cette somptueuse fête payée par les deniers des Riens et des Riennes, Notre Mirifique Bobardeur invita le Cosaque dans sa modeste chaumière de Brégançon. Ce dernier infligea à Son Incorrigible Mesquinerie une belle leçon. Alors que Notre Poudreux Monarc osait s’inquiéter de ce que l’on engeôlât des séditieux dans la belle patrie du tsar Vladimir, celui-ci répliqua qu’il ne souhaitait pas qu’il se passât dans son pays ce qui s’était passé chez nous lors des différents actes de la Grande Gileterie. Et de citer à l’appui le nombre élevés de mutilés et d’éborgnés, voire de passés de vie à trépas. Cette admonestation fut passée sous silence par la zélée traductrice aux ordres, mais n’échappa pas aux Réseaux Sociaux, lesquels se régalèrent de savoir que Sa Verbeuse Suffisance s’était faite corriger par l’indomptable Cosaque.

Depuis sa bonne ville de Marseille, la baronne de Galle-Hit envoya un signal d’allégeance à la faction de Notre Petit Banquier. Elle cuicuita qu »il convenait de « vérifier » à quoi ceux et celles des Riens et les Riennes qui allaient recevoir une obole pour mettre leurs bambins en état de regagner leurs escholes – emploieraient cet argent magique. Il ne faudrait pas, susurra la baronne, – que l’on ne voyait jamais qu’arborant, au milieu de ses obligés, des signes extérieurs d’une richesse tapageuse et vulgaire – que cette manne disparût dans des « achats de confort ». On décida de mettre les échoppes Prada, Vuitton et Gucci sous bonne garde. Où alllait-on si les pauvres se mettaient à avoir les mêmes mauvais goûts que les riches ?

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Chroniques du règne de Manu 1er dit Le Bruni.

Chronique du 18 août

Notre Précieux Pipoteur avait reçu en songe la visite de son très cher Maréchal. Ce dernier lui conseilla de parler à ses sujets en ces termes : réconciliation et héroïsme, résignation et abandon. A son réveil, il ordonna à ses Très-Chers-Conseillers de rédiger un énième discours qu’il lirait le jour même devant le parterre de cinq cent figurants à Bormes-les-Mimosas. Sa Verbeuse et Martiale Suffisance, le teint repassé au brou de noix, en appela donc les Riens et les Riennes à se réconcilier, et annonça comme à son habitude une chose et son contraire. Comprit qui voulut. Les gazetiers-fort-bien-nourris-aux-croquettes encensèrent leur idole et maître, Les Riens et les Riennes soupirèrent. Ils n’étaient point fâchés entre eux, ils exécraient seulement celui qui les traitait comme des enfants tout en les privant un par un des droits arrachés de longue lutte à ceux qui n’avaient eu de cesse de s’enrichir sur leur dos.

La Reine-Qu-On-Sort apparut aux côtés de son Divin Epoux le bras en écharpe. Les gazetiers la plaignirent d’abondance. Le mot « blessée » courut dans toutes les rédactions. Qu’était-il arrivé à la Tendre Moitié de Notre Petit Baigneur? Avait-elle du attendre de longues heures oubliée sur un brancard dans les couloirs d’un hôpital public qu’on daignât la panser ? Nul ne l’imagina.

Pendant ce temps, la Nuit des Longs-Stylets continuait dans la capitale pour la prise du fauteuil de bourgmestre. Le petit duc de Grivot, passé maitre en l’art des coups bas et invectives, annonça haut et fort ne point douter de la loyauté de son adversaire mais néanmoins frère d’armes, monsieur de Vile-Ani. Il avait fielleusement fait savoir un mois auparavant que ce dernier se ferait « désosser » s’il entendait participer au Tournoi. De leur côté, les partisans de Monsieur de la Jade D’Eau -lequel ne touchait plus terre depuis sa victoire du mois de mai, et ne trouvait plus aucun couvre-chef assez grand pour protéger du soleil son auguste crâne- firent savoir qu’il était « hors de question » de faire alliance avec la duchesse de l’Ide-Algot. Monsieur de la Jade D’Eau se rêvait un destin interplanétaire. Le monde était trop petit pour ses ambitions.

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Chronique du règne de Manu 1er dit Le Pipoteur.

Chronique du 16 août

« Ce fut le 15 du mois d’août. Il était dans la tradition de la vieille République d’honorer la mémoire du Débarquement en Provence de 1944. Sa Glorieuse Grandeur, Monarc absolu de la Startupnéchionnne n’entendit pas déroger à l’usage. On organisa donc en grande pompe son déplacement en aéroplane de son fort de Brégançon jusqu’à la nécropole toute voisine de Bouloris, où gisaient les dépouilles des preux combattants africains, honorés pour la forme, mais tombés en réalité en disgrâce dès la fin des hostilités. Notre Minuscule Baigneur, si bruni qu’on l’aurait cru passé au brou de noix, y prononça un discours qui resterait dans toutes les annales. Il engagea tous les bourgmestres du pays à « faire vivre par le nom de nos rues et nos places, par nos monuments et nos cérémonies, la mémoire de ces hommes qui rendent fiers toute l’Afrique.. ».Au Sénégal et ailleurs, on apprécia comme il se devait cet hommage quelque peu tardif et néanmoins restrictif. On n’était pas très loin du « l’homme africain n’est pas assez entré dans l’Histoire », qu’un des prédécesseurs de Sa Cuivrée Condescendance, le roi Niko dit Les Casseroles – tant il avait trempé dans moult affaires – avait prononcé à Dakar bien des années auparavant. Mais il n’y avait aucun hasard dans ce rapprochement. Ce douteux personnage figurait en bonne et due place dans la tribune officielle, aux côtés de Notre Divin Enfançon. Il était venu en « voisin », sa belle-mère, la duchesse de la Roussie, possédant en effet une magnifique propriété en ces lieux paradisiaques, à côté de laquelle Brégançon passait pour un quasi-taudis. Mais l’heure étant à la modestie et à la frugalité, il fallait bien s’en contenter. L’ex-roi Niko, féru de vélocipède, annonça avec ferveur n’avoir point songé en cette radieuse matinée d’été à pousser quelques coups de pédale. Il estimait que sa place était près de Sa Grande Affectation, puisqu’il avait « une maison sur un des sites du débarquement ». Chacun apprécia le lien de cause à effet. Sans nul doute l’ancien souverain voulait-il signifier que son déplacement avait fort peu coûté en carburant pour son carrosse, à moins qu’il ne se fût déplacé sur son vélocipède… On sacrifia ensuite au traditionnel « bain de foule », lequel avait été comme à l’accoutumée, soigneusement orchestré, les figurants dûment triés sur le volet. Dans toutes les bourgades du pays, on se demandait bien quelles places et quelles rues on allait débaptiser pour répondre à l’ordre princier. L’heure était plutôt à décrocher les portraits de Notre Très-Détesté Monarc. »

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Chroniques du règne de Manu 1er dit Le Modeste.

En Startupnéchionne, toutes les gazettes ou presque – quelques unes résistaient encore- étaient devenues des torche-culs tout à la gloire de Notre Petit Stakhanoviste. On l’y encensait à longueur de pages. Telle la Virgule, où officiait le bon monsieur de Barre-Bier, ce courtisan qui aurait avalé sa rouge écharpe si Sa Glorieuse Saignerie lui en avait intimé l’ordre. Ce monsieur de Barre-Bier glosa sur une Lucarne Magique sur les nouveaux goûts fort modestes de Notre Frugal Bonimenteur. Une simple pizza à vingt sept écus, telle avait été le sobre diner que Nos Pipolesques Altesses avaient du se partager ! Une nouvelle ère commençait ! Le Petit Père des Riches se muait en Saint-Vincent de Paul, allélluia ! Ce fut également dans la Virgule que les Riens et les Riennes médusés apprirent que Son Evanescente Insouciance avait prononcé un discours à l’enterrement du pauvre bourgmestre du Var ! Notre Petit Houdini avait-il reçu le don de l’invisibilité ? Que nenni ! Sa Morgueuse Hauteur n’avait point daigné se déplacer – alors même que quelques jours auparavant, toute la cour s’était transportée en Tunisie pour les funérailles du vieux souverain – mais Elle y avait dépêchée la baronne de la Gourre-Eau, une Chambellane de seconde catégorie que l’on appelait aussi Madame Corse parce qu’elle était chargée de veiller sur ce turburlent territoire. Cette poussive courtisane annôna un verbeux discours, d’où il ne ressortit- comme à l’accoutumée – rien. Les vacances paradisiaques pouvaient se poursuivre. Dans les gazettes, on pouvait lire que Notre Roi Fainéant travaillait tout le jour, ne s’octroyant qu’une ou deux modestes distractions. La vie était belle en Startupnéchionne.

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Brève des Chroniques du règne de Manu 1er dit l’Insouciant

Un bourgmestre du Var avait perdu la vie en cherchant à empêcher une décharge sauvage de gravats . Or c’était dans ce même département que Notre Petit Plagiste était en villégiature, dans son fort de Brégançon. Des clichés avaient circulé qui le montraient se promenant avec la Reine-Qu-On-Sort, accompagnés de la petite-progéniture de cette dernière, dans une ambiance primesautière et bon enfant. A quelques encâblures de ces lieux enchantés, des Riens et des Riennes éplorés accompagnèrent à sa dernière demeure le pauvre bourgmestre. D’aucuns s’étaient laissés aller à croire que Son Himalayenne Insouciance daignerait quitter quelques heures son paradisiaque séjour pour venir rendre un dernier hommage à un officier de la Vieille République. Las ! ils en furent pour leurs frais. Les Très Chers Conseillers – qui travaillaient de la cervelle pour changer l’image de Notre Divin Monarc- n’avaient pas eu l’heur de lui susurrer cette idée. A moins plutôt que Sa Pusillanime Petitesse ne se fût effrayée à la perspective d’aller à la rencontre de vrais Riens et Riennes, qui lui auraient réservé un autre accueil que les figurants que les mêmes Conseillers s’échinaient à recruter pour faire la claque à chacune de ses apparitions soigneusement orchestrées. »

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Chroniques du règne de Manu 1er dit le Verbeux

Chronique du 2 mai

L’affaire faisait grand bruit. Rantanplan Grand-Chien-Policier de Sa Grande Jacasserie pensait tenir enfin de quoi réduire en bouillie ces maudits Engiletés qui avaient encore battu le pavé lors de ce 1er mai. C’en était assez. Il fallait discréditer cette jacquerie aux yeux des benêts et des benêtes. Mais ce qu’il avait pris pour une aubaine lui éclata en réalité dans les mains, comme les grenades dont il avait chaudement recommandé de pilonner ces séditieux. L’affaire était la suivante : comme à leur accoutumée depuis de longs mois, les Compagnies des Reîtres Sereins – qu’on chargeait de gazer et de molester les factieux – avaient poursuivi jusque devant les portes de l’Hôpital de la Pitié une petite troupe de Riens et de Riennes. Quelques-uns ne portaient même pas le gilet jaune de la jacquerie. C’étaient des trimardeurs, des prolétaires qui entendaient ce jour-là faire entendre leur voix. Les reîtres obéissaient aux ordres avec un zèle inouï pour certains. Frapper était un exutoire. Ils se lâchaient. On nassa donc les gueux et on allait s’apprêter à les gazer et à les écrabouiller quand certains, effrayés à l’idée de ce qui allait leur arriver, finirent par ouvrir les grilles et pénétrèrent par l’arrière dans la cour de l’hôpital. Ils avisèrent une passerelle qui donnait accès à des bâtiments. Ils n’avaient qu’une idée : échapper à leurs sinistres poursuivants. Ils s’y engoufrèrent. Las ! Cette passerelle menait à des services de soins. Les infirmières qui se trouvaient là, bien qu’elles comprissent la raison qui poussait ces gens à vouloir fuir, empêchèrent la petite troupe apeurée d’aller plus loin. De grands blessés se mouraient là, on ne pouvait y entrer. Personne ne força le passage. Les reîtres arrivèrent, qui firent descendre leurs gibiers. Le Sieur Casse-Ta-Mère, quand il apprit les faits, décida de se livrer à une sordide manipulation. Il fit courir le bruit qu’un reître blessé avait été amené dans cet hôpital pour y être soigné. Ces maudits Engiletés voulaient l’achever ! Ce fut en substance ce dont il nourrit les gazetiers-à-la-gamelle. Il utilisa un vocabulaire guerrier : c’était une attaque en règle. Les infirmières avaient été agressées. Un argousin avait été blessé. Du matériel avait été saccagé.En un mot comme en cent, Rantanplan Grand-Chien-Policier désignait cette petite bande comme de dangereux séditieux dont le but avoué était de détruire l’hôpital ! Le duc du Havre, monsieur du Flippe, renchérit. Ces gueux voulaient la mort du service public ! Toute la cour entonna le même air outragé. Les gazetiers-fort-bien-nourris-aux-croquettes relayèrent cette faqueniouse sans même se donner la peine de vérifier la véracité des faits. Mais patratras ! Des riverains de l’hôpital, des journalistes de rue, des infirmiers, et même des médecins – où allait-on ? – donnèrent de l’incident une version tout à fait différente. Au Château, d’où était absent Notre Pusillanime Brimborion, les conseillers du cabinet noir réfléchirent à machiner un rétropédalage. On conseilla aux services de la Chancellerie des Affaires Domestiques de modifier quelque peu la communication du Chambellan. Le mot attaque disparut comme par enchantement. On le remplaça par « intrusion ». Il contenait encore juste ce qu’il fallait de scélératesse pour flétrir les Engiletés.

Parmi les Riens et les Riennes, la colère le disputait à l’écœurement. Gracchus Mélenchonus, qui avait appelé à la prudence dès que la soi-disant « attaque » avait été révélée par les gazettes avides de f, qualifia Rantanplan de menteur. D’autres voix s’élevèrent pour s’indigner contre ce mensonge éhonté contre le peuple. Un comique qui sévissait sur une Gazette parlée, eut cette saillie : en matière de destruction du service public de l’hôpital, c’était du côté du gouverne-ment de Sa Toxique Bienveillance qu’il fallait regarder. Il ne se passait pas une semaine sans que l’on n’annonçât que des services de soin fermaient pour cause de « non-rentabilité ».