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Chroniques du règne de Manu 1er l’Infaillible

Chronique du quatrième jour de mars, en l’an de disgrâce 21 Où il est question de quelques rappels historiques, d’insolentes jérémiades et d’une prodigieuse ordonnance… Du temps où il n’avait point encore accédé au trône, Pôl de la Bisoute s’appelait Nikola du Petimarécage et c’est sous le nom de Nikola 1er qu’il régna durant cinq […]

Chroniques du règne de Manu 1er dit l’Infaillible

Madame de Salez-Mets se rengorgeait dans tout Lutèce. Elle roucoulait d’aise sur le fil de l’Oiseau Cuicuiteur. Son aimable causerie avec monseigneur le duc du Dard-Malin et madame la ChatelHaine de Montretout avait été un franc succès. N’avait-on point devisé de façon la plus courtoise qui fût sans jamais parler de ces fâcheux miasmes, encore moins des pauvres dont les files d’attente aux soupes populaires ne faisaient que s’allonger ? De quoi donc avait-on causé si bellement ? Quel était ce magnifique sujet d’entente si cordiale entre monseigneur le duc et madame de Montretout ? Qu’est ce qui les avait rendu si éloquents ? La ChatelHaine et le duc avaient tout deux fait assaut de politesses ampoulées, de formules fleuries et de rodomontades plus mielleuses les unes que les autres pour disserter sur ce qui les unissait. Madame de Montretout avait agité le dernier libelle du duc, affirmant qu’elle eût pu le signer, tant elle en partageait chaque mot, chaque virgule

Chroniques du règne de Manu 1er l’Infaillible

L’ombre de la Débâcle se dressait, menaçante, mais Sa Nébuleuse Altitude n’en avait cure. Tout était de la faute des autres qui s’ingéniaient à contrecarrer ses plans. Notre Délicat Monarc en conçut un accès de bile noire, ce qui fit craindre le pire pour sa santé et celle du pays. Les médicastres royaux conseillèrent une purge. Pour ce faire, on convoqua au Château des gazetiers triés sur le volet, ceux de Lutèce-Flache et ceux de La Virgule, afin qu’ils recueillissent des bribes de la Pensée Complexe de Sa Divine Majesté, et que celles-ci fussent dispensées en potion curative au peuple chaque soir au moment de leur maigre diner. On rendrait également l’administration obligatoire de cette potion dans toutes les escholes du pays. Monseigneur de la Blanche-Equerre, dès lors qu’il aurait fini de se trémousser et de se déhancher au milieu de bambins pour montrer son excellente condition physique, y veillerait en personne.

Chroniques du règne de Manu 1er dit l’Infaillible

Chronique du trentième jour du mois de janvier de l’an de disgrâce 21 Où il est question de rogatons, de pépiements et d’une grande disconvenue… Après son allocution aux Gazettes et aux Lucarnes Magiques, lesquelles s’étaient empressées de répandre la bonne parole dans tout le pays, le Premier Grand Chambellan était rentré fort marri au […]

Chroniques du règne de Manu 1er dit l’Infaillible

Le Roy était en grand conciliabule avec Son Conseil de Défense. Alors qu’il avait été urgent toute la semaine de faire se languir ces maudits Riens et Riennes sur ce qui les attendait – pour couper court à la cacophonie qui avait commencé de se faire entendre, on avait formellement proscrit toute parole aux Chambellans hormis à Monsieur le Chevalier d’Alanver – voilà qu’il plaisait tout soudainement à Notre Capricieux Bibelot de convoquer séance tenante au Château le fort ennuyeux baron du Cachesex, le bouillant Gode-Froid, madame de la baronne de la Partmollie, madame la duchesse de la Bornée, monsieur le duc du Dard Malin, sans oublier le cacochyme baron du Truant et monsieur le baron Du Mert . Les autres Chambellans étaient devenus de simples accessoires.

Chroniques du règne de Manu 1er dit l’Infaillible

Le Roy abhorrait le peuple. Il n’avait jamais manqué au long de ses bientôt quatre ans de règne de pourfendre les nombreux vices des Riens et des Riennes. Tout y était passé, il y avait tant à médire ! Notre Petit Capet choisit la date fatidique du vingt et un janvier pour passer une nouvelle fois à l’offensive. Alors doncques qu’il s’était transporté avec sa suite dans une Université, afin de délivrer sa bonne parole – assortie d’ une maigre obole – à tous les pauvres estudiants qui se mouraient de faim et de solitude dans leurs soupentes, le Roy usa du « Nous » en lieu et place du « Vous » pour pourfendre la « nation des soixante six millions de procureurs ».

Chronique du neuvième jour du mois de janvier de l’an de disgrâce 21

Notre Incorrigible Protée était allé se recueillir sur le tombeau du roi Françoué Premier dit Tonton, afin de lui rendre un pieux et fort hypocrite hommage. Il y retrouva les derniers fidèles de la Faction de la Rose, dont le falot baron de l’Amphore qui lui fit la révérence mais ne se priva point ensuite de confier quelques médisances aux gazetiers qui lui tendaient le crachoir. Pendant ce temps, on apprit que la Justice entendait mettre à la question pour concussion son propre Chambellan, monsieur du Pont de Morte-Ethique. C’était là chose fort commune au royaume du Grand Cul Par Dessus Tête. Monsieur du Pont de Morte-Ethique allait ainsi tenir compagnie à son comparse le duc du Dard-Malin, sur qui pesait toujours des accusations de faveurs d’alcôve monnayées contre de menus services.

Brève chronique du sixième jour de janvier, en l’an de disgrâce 21

Brève chronique du sixième jour de janvier, en l’an de disgrâce 21 Où il est question d’écus fort bien placés, d’esbroufe improvisée et de larmes bien rémunérées. Le Roy, fort marri de ce que la Croisade de la Sainte-Vaccine eût connu des prémices aussi calamiteux – ce qui faisait se gausser nos voisins- avait convoqué […]

Chroniques du règne de Manu 1er dit Le Petit, en l’an de disgrâce 21

l y avait d’autres sujets d’inquiétude. La Grande Croisade de la Sainte-Vaccine piétinait. Le Roy – qui commandait en toute chose mais n’était jamais responsable de rien – tança vigoureusement le Chevalier Gode-Froid-Bouillant d’Alanver, lequel déversa son ire sur celui qu’on avait nommé général en chef des croisés, le comte de La Poissonnerie. N’avait-il point deux jours auparavant vanté les mérites de la lenteur de la Croisade ? « Cela donne le temps de faire les choses bien » avait ainsi mielleusement susurré le comte devant des gazetiers médusés. On incrimina alors ces maudits Riens et Riennes, qui ne voulaient point se faire vacciner, préférant mourir apostats !

Brève chronique relatant le passage de l’an 20 à l’an 21

Par décret royal, en ce soir de la Saint Sylvestre, le couvre-feu s’imposait à tout le pays et ce dès après les vêpres. Les Riens et les Riennes usèrent de ruses pour se réunir et ripailler comme ils en avaient coutume. Le duc du Dard-Malin avait fait se déployer dans chaque rue des escadrons d’argousins […]