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Chroniques du règne de Manu 1er Le Turpide.

Chronique du 2 au 9 septembre

Habemus Horticolam ….Ce fut finalement au présidenticule de l’Assemblée Nationale, le petit marquis De Rue-Git, qu’ échurent les râteaux et les binettes. Ce petit personnage était, aux dires de chacun et chacune qui l’avaient cotôyé, un grand ambitieux. Il se disait aussi qu’il avait le gosier bien assez large pour avaler force couleuvres et même des boas constrictors. On ne sut pour quelle raison monsieur de Conbandit refusa ce poste. Sans doute la réputation sulfureuse de ce joueur de flûtiau avait-elle quelque peu urtiqué les épidermes fort sensibles des nouveaux amis de sa Très Haute Piété, et parmi ceux-ci le Duc de Vendée, le sieur De Ville-Iller, gardien de la morale catholique, qui disait une chose mais laissait faisait tout le contraire dans le silence étouffé de sa famille. Sans doute aussi notre Croquignolet Comploteur pensait-il à monsieur de Conbandit pour mener bataille sous ses couleurs pour le prochain Tournoi qui aurait lieu au printemps de l’année suivante. On commençait en effet à se mettre en ordre de bataille et à fourbir les équipements. A Marseille, les Insoumis et les Insoumises avaient été mis en selle par le discours de Gracchus Melenchon qui avait appelé les Riens et les Riennes, croulant sous la gabelle et les taxes diverses qui ne cessaient de grimper tandis que les salaires stagnaient quand ils ne diminuaient pas, à « mettre la raclée » à sa Détresse des Profondeurs, lequel ne sortait pas grandi de son fol été, bien que les carottages d’opinion le donnassent invariablement à la même hauteur, malgré les baisses enregistrées. Notre Pourfendeur des Minima Sociaux sonna aussitôt le rappel de ses troupes afin qu’elles courussent sus à l’ennemi ! Monsieur de Ferre-And, un des ces mafieux bretons dont aimait à s’entourer sa Perfide Petitesse, tonna qu’il faudrait choisir entre l’Europe de notre Monarc, et celle du Condotierre Salviani. C’était oublier fort commodément que ce dernier avait pris comme modèle la politique de notre Grand Premier en matière de non-accueil des gueux et gueuses qui polluaient la Méditerranée – ce qui n’avait point empêché notre Trépidant Sportif d’aller y faire du jet-ski, qui plus est dans une zone interdite . Le Grand-Caniche de sa Majesté, le sieur Casse-Ta-Mère, accusa Gracchus Mélenchon d’être un fieffé nationaliste. C’était oublier fort commodément – monsieur Casse-Ta-Mère avait pourtant appartenu à la même faction que celle de monsieur Melenchonus, laquelle faction n’était rien de moins que l’héritière de l’Internationale Ouvrière – l’existence du préfixe « inter ». Les réunions des Insoumises et des Insoumis se terminaient invariablement sur le chant de la République, la Marseillaise, et sur l’Internationale, ce vigoureux appel à renverser les tyrans et à abattre les frontières. C’était oublier surtout l’éclairant message que notre Poudreux Tyranneau venait de cuicuiter pour marquer son retour de vacances. «L’identité profonde des peuples est revenue, et c’est au fond une bonne chose », avait martelé sa Suffisante Hauteur – lui à qui ce mot de « peuple » donnait une furieuse envie de se laver les mains -, manière de faire un délicat appel du pied aux partisans de la marquise de Montretout, laquelle se débattait toujours dans des ennuis financiers. Chez ceux qui trouvaient la marquise trop tiède, on buvait aussi du petit lait.

La marquise de l’Oiseau, la Chambellane aux Affaires européennes, celle qui avait eu ces mots « shopping de l’asile » à propos des pauvres hères qui se noyaient dans la Méditerranée, accusa aussi le parti des Insoumis d’être un parti nationaliste. Dans la faction de notre Facétieux Freluquet, quand on tenait un os, on le rongeait jusqu’à la moelle. On abusait jusqu’à l’absurde des « éléments de langage » qui avaient été dispensés par les grands communicants du service de la Propagande.

Du côté des Gazetiers-nourris-aux-croquettes, on se remettait aussi en ordre de marche. Il ne fallait pas mordre la main de qui vous accordait des grâces. Tel ce monsieur d’Happe-A-Tit, que l’on entendait pérorer aux heures de grande écoute sur une Gazette Parlée. Il vouait une haine féroce à Gracchus Melenchon et ne perdait pas une occasion de déverser cette haine. La nomination de monsieur de Baisson, l’hagiographe de notre Saint Suzerain, comme consul de la StartupNation aux Amériques, dans le pays de Donald Dingo, laquelle nomination faisait tousser dans les milieux diplomatiques, fournit à ce zélé courtisan une occasion de cirer les chausses et les bas de soie de sa Grandiose Immensité : oui, c’était certes là une récompense, reconnut ce lécheur patenté, mais qu’il était beau de reconnaitre que notre Grand Innovateur avait innové et qu’il avait bien fait… Cependant, un autre de ces gazetiers qui faisaient la pluie et le beau temps, qui tricotaient et détricotaient l’opinion, trouva pour sa part opportun de tonner …contre notre Intouchable Phénix. C’était monsieur de Bourde-Ain. Il s’agissait de l’affaire de la succession du petit marquis de Ruge-Git au perchoir de l’Assemblée Nationale. La présidente de la Commission des Lois, la marquise de Pivert, qui avait su être la zélée fossoyeuse de l’affaire du sieur de GrosBras – lequel avait sombré dans l’oubli, ou presque- se porta candidate. Elle était femme, et il était temps qu’une femme occupât ce poste fort envié. Las ! Quelques heures après cette courageuse offensive, la marquise battit en piteuse retraite. Elle expliqua bravement, que non, non et non, elle n’avait subi aucune pression. Qu’allait-t-on imaginer là ? Elle avait compris – la pauvrette – que monsieur de Ferre-An, ce baron mafieux, du cercle des intimes de sa Grande Noirceur, présentait le même programme qu’elle, et qu’elle ne voyait pas la pertinence dans ce cas de maintenir sa candidature … On lui promit un hochet de consolation : elle remplacerait le baron de Ferre-An comme présidente de la troupe des automates-députés et députées de la faction de notre Généreux Pharaon. Monsieur de Bourde-Ain mit en pièces la marquise avant de s’en prendre à sa Phallocratique Altesse : « c’est une honte pour le Monarc de la Startupnation » éructa-t-il.

La semaine s’acheva pour notre Grand Voyageur par une visite dans la bonne ville de Massalia. Il allait y rencontrer la Chancelière de nos voisins les Germains, Frau Angela. L’arrivée de sa Trépidante Modicité, d’abord en aéroplane à quelques lieues de Massalia, puis en carrosse lancé à toute allure sur l’autoroute fermée pour cette princière virée, occasionna moult embouteillages et crises de nerfs dans cette ville déjà bien engorgée. Gracchus Melenchon – qui était le député des quartiers du centre de la ville – réunit ses troupes devant la Méditerranée, afin de souhaiter la bienvenue à notre Bien-Détesté Monarc. Les gazetiers lui posèrent bien entendu une myriade de questions sur sa présence. Monsieur Melenchonus rappela combien sa Soi-Disant Hauteur n’était en fait que le petit Copiste de Frau Angela et de la toute-puissante Commission Européenne. A ce prince qui osait le traiter de « xénophobe », le tribun rappela que c’était lui et son préposé aux basses œuvres, le Grand Chambellan monsieur de Colon, qui avaient innové en Europe avec une loi scélérate, laquelle condamnait encore plus de ces malheureux, obligés de fuir des pays en guerre ou réduits à la misère par des politiques injustes, à se noyer dans ce cimetière qu’était devenue la belle Méditerranée, mère des peuples qui la bordaient. Que si xénophobie il y avait, elle était à chercher de ce côté-là, du côté de ce pouvoir qui avait inspiré le Condotierre Salviani, le chef des Haineux au pouvoir chez nos voisins transalpins. Gracchus Melenchon accusa notre Oublieux Roitelet et Frau Angela d’être des « contre-humanistes ». La guerre était déclarée. Sa Factieuse Sublimité ordonna sur le champ à ses communicants d’organiser la réplique. On allait voir ce qu’on allait voir. Notre Tartarin des Sondages, après avoir rencontré le bouillant tribun, assura aux gazetiers que ce monsieur Melenchon  ne lui faisait « pas peur » et que ce n’était pas son « ennemi ». Il fallait réduire et ridiculiser ce tribun du peuple, lequel s’était prêté au jeu de la courtoisie républicaine, cette politesse dont il était si féru, et dont on l’accusait si fréquemment de manquer. Sa Conspiratrice Petitesse tenait sa vengeance. Le soir même, vers les minuit, on repéra où dinait cet Insoumis, avec ses troupes. On fit semblant de se trouver là par hasard. On le piégea, puis on fit tourner la scène en boucle sur les Réseaux Sociaux. La machine était rodée. Certains naïfs s’y laissèrent prendre.

Le lendemain, à Massalia et à Paris, les Riens et les Riennes sortirent dans la rue pour rappeler à notre Inconscient Souverain que le thermomètre de la planète montait dangereusement, et qu’ils et elles n’étaient pas dupes de la poudre aux yeux lancée encore une fois à l’occasion de la nomination du nouveau Grand Jardinier. Monsieur de Hue-l’Eau, en tirant sa révérence, s’il avait « en même temps » rappelé son amour pour sa Grandeur Amoindrie, avait aussi levé le voile sur l’impuissance organisée par le système capitaliste pour lutter contre le réchauffement du climat, dont les conséquences seraient d’abord catastrophiques pour les plus pauvres, puis pour tout le monde. Mais les puissants de la planète étaient singulièrement sourds, tout occupés à amasser leurs immenses fortunes.

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