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Chronique du règne de Manu 1er dit le Turpide

Chronique du 9 au 19 août

Les divines vacances de sa Révérée Turpitude se déroulaient sans anicroche, dans la torpeur de l’été. Pour les Riens et les Riennes, il en allait tout autrement . Un pont s’était écroulé à Gênes, causant beaucoup de pertes en vies, mais cela n’affecta en rien le cynique aplomb de l’établissement en charge de l’entretien du dit pont, qui nia toute responsabilité, alors même qu’il était de notoriété publique que le pont menaçait depuis longtemps de s’écrouler et que l’argent destiné aux réparations avait été généreusement distribué à de Très-Riches-Actionnaires. Le Condotierre Salvini tempêta bien fort contre ces fâcheux mais on le vit faire la fête le soir même de la catastrophe. Chez nous, on s’empressa de faire vérifier les ouvrages d’art et l’on s’avisa dans le même temps que le gouvernement de notre Cynique Liquidateur avait choisi de vendre les Aéroports de la capitale à ce même établissement…

Aquarius, Aquarius …. Voilà que ce nom, dont la simple évocation donnait un prurit géant à son Insensible Hauteur, revenait dans l’actualité. Ce bateau avait encore sauvé de ces imprévoyants qui se jetaient à la mer pour tenter de gagner nos beaux rivages et demandait à accoster pour les y débarquer. Le bailli de la bonne ville de Sète, le Sieur Gai-Sceau, qui avait été en des temps plus anciens Chambellan aux Transports sous le règne du roi Chirac, se fit voir dans les Lucarnes Magiques pour affirmer qu’il était prêt à recevoir ce navire, à condition que notre Grand Timonier lui en donnât l’autorisation. Sa Mesquine Petitesse commença par refuser tout net, mais voyant que cela faisait vilain, il fit semblant de céder en acceptant qu’une partie seulement de ces indésirables qui lui polluaient la Méditerranée fussent reçus dans la Startup Nation. Parmi ces pauvres gens qui avaient erré des jours et des jours en mer se trouvaient une moitié de très jeunes garçons et un tiers de femmes. Notre Immoral Monarc en avait par-dessus la tête. Ces gueux lui gâchaient ses vacances. Il avait mieux à faire, comme par exemple recevoir le Grand-Duc du Luxembourg pour un diner entre voisins, et se voir reçu à son tour dans la résidence d’été de ce prince, à moins d’une demi-lieue du de là, où sa Rayonnante Mondanité se rendit accompagné de la Reine Qu-On-Sort, dans une petite charrette électrique, tout ceci dans un souci d’écologie – c’était là la seule concession que notre Trépidant Noceur accordait à son Vert Chambellan, le sieur de Hue-Leau-  alors même que le carrosse officiel – où la place du regretté sieur de GrosBras était toujours vacante- suivait derrière.

Les gazetiers avaient quelque peu jasé sur la Reine Qu-On-Sort qui avait été aperçue faisant du vélocipède – engin pour lequel elle nourrissait une véritable passion – ou s’adonnant à un sport beaucoup plus dangereux, qui consistait à se faire tirer par un bateau lancé à grande vitesse, auquel on s’attachait par une corde, juché sur une sorte de planche…tout ceci dans la mer, au large du Fort. A quoi donc servait la piscine ?

Notre Précieux Calculateur avait comploté avec ses Conseillers un nouveau bain de foule devant sa Résidence. Il avait fallu recruter de nouveaux figurants et on les avait trouvés dans une maison de retraite voisine, un lieu très sélect. Ce n’était pas ce genre d’établissement qui manquait à cet endroit du pays. Les pensionnaires, qui n’étaient nullement des Riens et des Riennes, mais d’anciens banquiers et hommes d’affaires, étaient tout acquis à la cause de sa Hauteur Enivrée.

La Startup Nation s’endormait dans la torpeur de l’été. La chère Marquise de Chiappa, qui avait utilisé les services de communication de son Ministère pour jouer la Sévigné, fut absoute de cette vénielle peccadille . Le Délégué à la Sécurité des routes et des chemins déclara fort doctement que lorsque ces derniers étaient en mauvais état, « les gens [roulaient] plus doucement ». Le Présidenticule de l’Assemblée Nationale, le petit marquis De Rue-Git était empêtré dans une histoire d’appareils à raclette qu’il avait fait acheter par les cuisines de son Palais pour on ne savait trop quel usage.

Une officine belge voulut démontrer que l’affaire du sieur de GrosBras avait été montée de toutes pièces par les services du Tsar Vladimir . Elle publia la liste de tous ceux et toutes celles qui s’étaient perchés sur le fil de l’Oiseau Cuicuiteur pour parler de cette affaire, en indiquant pour chacun et chacune leurs opinions politiques. Il apparut qu’il n’y avait aucune machinerie ni automate russe là-dessous et tout cela fit grand bruit. Notre Tyrannique Jupitou disposait là d’un document fort utile pour faire embastiller tous ses opposants, à commencer par le tribun Gracchus Mélenchon !

Sa Barbouzeuze Altesse était cependant en grand danger de se retrouver manchote …Privée de son bras gauche, le sieur de GrosBras, voilà qu’on jasait fort sur son bras droit, le baron de Khôl-Air, lequel était mouillé jusqu’au cou dans une comploteuse histoire de conflits d’intérêts familiaux…

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