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Chronique du règne d’Emmanuel 1er dit le Morveux – 6 juillet

Chronique du 6 juillet.

Avant que d’aller tremper son Auguste Postérieur dans la piscine du fort de Brégançon – dont les travaux avançaient à grand pas, notre Maitre Nageur ayant finalement renoncé à la porcelaine de Sèvres pour un bois fort précieux dont l’aspect cependant vu de loin faisait fort quelconque- sa Trémoussante Majesté s’en était allée en Afrique tancer encore une fois ces sauvages qui ne savaient pas faire autre chose que de pondre des myriades de négrillons. Sur le fil de l’Oiseau Cuicuiteur, sa Grandeur Inspirée avait écrit – dans la langue du Donald Dingo Roi des Amériques- qu’il ne fallait pas craindre de ré-u-ssir – ce sésame – et pour preuve à l’appui d’en appeler aux mânes d’ un Très-Riche à qui notre Zélé Généalogiste attribua dans sa fougue un imaginaire père syrien et réfugié. A la décharge de notre Grand Manipulateur, il faut reconnaître qu’il n’était question dans les Lucarnes Magiques et dans certaines gazettes point assez aux ordres, que de ces Rien-moins-que-Riens qui avaient la sottise de s’embarquer sur des choses qu’on ne pouvait appeler « bateaux ». Quelques jours auparavant une des embarcations avait encore fait naufrage, trois bébés s’étaient noyés ainsi qu’une centaine d’autres de ces pauvres gens dont son Altesse Courroucée n’en pouvait plus de supporter la moindre allusion. Notre Petit Monarc avait eu à subir l’ire du Condiottere Salvini lors du dernier Conseil Européen, lequel avait annoncé haut et fort avant que les discussions ne commençassent que si l’on voulait que l’Italie se prononçât sur certains sujets, il fallait d’abord accepter ses demandes concernant ces gueux de migrants. Point de ces gens sur le sol de la glorieuse patrie du Duce, foi de Haineux !

Ces petites broutilles avec le Condottiere n’avaient point empêché notre Brillant Conducator et la Reine Qu-on-Sort de recevoir cet hôte de marque au Château, afin qu’il dînât dans la somptueuse nouvelle vaisselle, dont il se disait qu’ en réalité elle était quelque peu superflue, tant les précédentes Reines avaient eu à cœur avec leurs époux de garnir les placards du Palais de milliers d’assiettes de toutes sortes. Ces polémiques agaçaient fort notre Grand Vaisselier qui avait dénoncé devant des gazetiers tout acquis à sa cause et passés maîtres dans l’art de lui cirer les richelieux, une volonté de lui nuire personnellement. Il était le Roi et voilà tout, les Riens et les Riennes et ces maudits Insoumis n’étaient que des jaloux aigris qui n’avaient point ré-u-ssi.

Pour se distraire de toutes ces contrariétés, lors de son voyage dans le royaume du Niger, notre Pétulant Jupiter était allé se trémousser dans un lieu dédié à la musique et à la transe et il avait exigé que les images où on le voyait se déhancher de façon fort élégante soient soigneusement rendues publiques. Il fallait que les Riens et les Riennes, sur qui pesaient très fort toutes les réformes entreprises par notre Bouillant Banquier, continuassent de penser qu’ils avaient là un Monarc jeune et beau, beau et jeune, jeune et beau….et si moderne ! Lors de la fête de la Musique, le Château avait, dans ce même esprit, été ouvert et quelques Riens et Riennes soigneusement triés sur le volet avaient pu admirer leurs Immenses Altesses converser joyeusement dans les jardins pendant que des bateleurs et des jongleurs se contorsionnaient sur une étrange musique, le tout dans une débauche de lumières qui vous vrillaient le cerveau et l’entendement.

Rendons grâce à Dieu ! Dans les derniers jours du mois de juin, au début de la deuxième année de son Règne, Notre Très Pieux eut l’immense satisfaction d’être reçu à Rome, au Palais du Vatican, chez le Souverain Pontife, afin qu’il se fasse introniser Chanoine des Latrines, obéissant là à une très vieille tradition, à laquelle les autres monarques républicains avaient également sacrifié, liant ainsi leurs Destins à ceux des Anciens Monarques de droit divin. La République n’avait pas grand chose à voir dans cette histoire, elle mourait à petit feu, humiliée, foulée aux pieds, mise au rebut. Notre Odorant Chanoine avait bien dans ses Projeeeeeets d’en finir avec certaine loi qui avait dramatiquement éloigné la France de sa position de Fille Ainée de l’Eglise. Tout à sa mission de Restauration, sa Facétieuse Petitesse s’autorisa une aimable plaisanterie auprès du Saint Pontife en lui présentant le baron Le Dri-Ant : « c’est un Breton, c’est la mafia française, il y a en a partout ! » susurra-t-il dans l’oreille du Pape François. Il ajouta même « c’est une mafia qui fait du bien ! » L’Ensoutané en fut tout interloqué. Ce petit Français était d’une outrecuidance et d’une sottise rares….

Il se disait qu’avec cette saillie qui assimilait les braves et honnêtes Bretons aux Sicaires Transalpins notre Bien-Détesté Monarc se vengeait là du crime de lèse-majesté perpétré par quelques Riens gaziers et électriciens qui avaient osé coupé le courant et le gaz lors de sa dernière visite dans la péninsule armoricaine. D’autres assuraient que c’était une manière taquine de cajoler les petits vieux, notre Aimable Gérontophile s’y entendait fort bien. Le Grand Ensoutané offrit à notre Vibrionnant Zébulon une statue de Saint-Martin, ce légionnaire romain dont la légende voulait qu’il eût donné la moitié seulement de son manteau à un Moins-que-Rien qui mourait de froid. La moitié seulement disaient les mauvaises langues, mais cela était mieux que le mépris affiché généralement par son Egoïste Suffisance devant les Riens qui n’avaient selon lui pas suffisamment travaillé pour pouvoir se payer un costume. Les Bretons réclamèrent des excuses. Puis ils oublièrent….

Pendant ce temps, les baronnes et les barons de la Startup Nation disputaient le Tournoi des Euphémismes. Entre la marquise de l’Oiseau qui s’en allait pépiant au sujet des camps dans lesquels notre Impitoyable Timonier et son cher ami le Condottiere Salvini voulaient enfermer les pauvres hères fuyant la guerre et la misère, nourrissons y compris, qu’il ne s’agirait pas « de centres fermés mais de centres d’où les migrants ne pourraient pas sortir », le duc du Maire à qui une gazetière fort courageuse osa demander s’il mettait en place un nouvel impôt et qui répondit ceci « non, ce n’est pas un impôt, mais un prélèvement », la marquise La Buse, grande Chambellane de la Santé , qui affirmait sentencieusement que « les gens ne devaient aller aux urgences que pour les vraies urgences », le mathématicien et néanmoins duc de Ville-A-Ny, lequel avait entrepris de parcourir son fief sac au dos et gros brodequins ferrés, son éternelle lavallière remplacée par un foulard de scout, parcourant courageusement quarante longs kilomètres en quatre jours, qui répondait à une autre téméraire gazetière que non, le « plan pauvreté » n’était « pas  décalé, mais remis à plus tard », le jury ne sut les départager et déclara toutes et tous grands vainqueurs. Le petit duc de Grivot participait quant à lui au Tournoi des Oxymores. En déclarant que le titre de « Chanoine des Latrines » était « un titre parfaitement laïc » , il gagna haut la main.

Sitôt revenu du Continent Noir, Notre Grand Pourfendeur ordonna qu’on lui commandât un nouvel Aéroplane. Peu importe la dépense, on trouvait toujours de l’Argent Magique pour satisfaire les désirs de sa Capricieuse Altesse. A Versailles, où son Immense Splendeur allait bientôt réunir le Gotha des Élus pour continuer l’édification de son Absolue Royauté, les préparatifs allaient bon train. Les Tribuns Insoumis firent savoir qu’il était hors de question pour elles et eux d’aller faire des courbettes à notre Jupiter Ailé. Dans la bonne ville de Marseille qui l’avait porté en tête au premier tour du Tournoi de la Résidence Royale, Gracchus Mélenchon vint fêter sa première année de Tribun avec les Riens et les Riennes qui lui avaient confié le soin de les représenter afin de faire advenir la République Sociale. Il leur livra un vibrant discours, les exhortant à rester debout, et à se préparer à livrer de nouvelles batailles.

Le tournoi de la Balle au Pied battait son plein. On apprit que l’équipe de France s’était qualifiée pour les demi-finales de ce tournoi fort prisé qui mettait bon nombre de cervelles en hibernation, bien que ce fût un début d’été bien torride. Notre Sportif Monarc trépigna de ce que son nouvel Aéroplane ne fût encore prêt pour qu’il puisse à la vitesse du vent rejoindre la lointaine Russie où il avait décidé d’aller supporter l’équipe des Balleurs au Pied. Sa Calculatrice Éminence pariait fort sur une victoire de ces Très-Riches-Sportifs pour continuer d’endormir les Riens et les Riennes et leur faire ainsi passer quelques saignantes réformes dont il avait le secret.

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