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Chroniques du règne d’Emmanuel Ier dit le Morveux

Chronique du 27 mai

Cet affreux mois de mai n’en finirait donc jamais ! Sa Cireuse Majesté n’avait jamais tant voyagé sur le globe que lors de ces jours où ces maudits tribuns de la France Insoumise appelaient les Riens et les Riennes, ces fainéants jaloux, à battre le pavé. Tout cela sentait bien trop le désordre, la chienlit comme l’un des célèbres prédécesseurs de notre Jupitérien Monarc, le baron De Gaulle, un vieux soldat blanchi sous le harnois, quoiqu’il ait été bien chauve et qui avait été le premier roi républicain, l’avait tonné en contemplant amèrement les étudiants d’un autre mois de mai, cinquante années plus tôt, dresser des barricades dans les rues de la capitale. Ce De Gaulle avait manqué de fermeté. Notre Poudreux Souverain ne s’en laisserait point compter de la sorte. Et de tancer ses Sujets, qui considéraient l’argent public comme de la morphine. Laquelle morphine n’avait jamais été tant généreusement distribuée aux Très Riches Amis qui avaient permis à notre Divin Banquier de conquérir le trône de la République agonisante, qu’il s’employait depuis avec ardeur à transformer en StartUp Nation.

Dans sa besogne à éradiquer toute révolte, Sa Romanesque Grandeur était fort bien secondée par le Grand Chambellan, le Sinistre Duc de Collomb, qu’il avait nommé à ce poste connaissant ses noirs penchants pour la répression. Il se disait aussi que notre Souverain Tant Détesté aimait à s’entourer de petits vieux, qui mettaient en lumière sa magnifique jeunesse. Le Duc de Collomb, doncques, avait dépêché depuis quatre longues semaines ses Reitres Noirs dans un bocage sacré, voué à la Sainte Mère du dieu des catholiques, lesquels catholiques retrouvaient des couleurs depuis que sa Pieuse Altesse leur laissait entendre qu’un rapprochement entre la nouvelle StartUp Nation et leur religion naguère fleuron du Royaume allait voir le jour, pour y éradiquer les gueux et les va-nu-pieds qui avaient élu domicile en ces lieux où aurait du voir le jour un magnifique Ayraultport, du nom de l’ancien Premier Chambellan du roi Françoué, dit le Scooter ou le Pédalo. Dans la semaine qui venait de s’écouler, un des ces gueux avait eu la main fauchée par une grenade lancée par les Reitres Noirs, qui confondaient allègrement le défensif avec l’offensif, obéissant en cela aux ordres du Grand Chambellan.

Ce duc de Collomb ne manquait jamais une occasion de laisser à voir ses penchants que d’aucuns qualifiaient de fascistes. Non content de faire passer l’amputé de la main pour un dangereux activiste, le Sinistre des Basses Œuvres avait également exigé que l’on gardât à vue une centaine d’escholiers, tout dépités de n’avoir point été retenus par le Grand Ordonnateur Parcours Sup pour poursuivre leurs études dans les Écoles supérieures et les Facultés de la nouvelle Nation, qui étaient désormais vouées à ne plus accueillir que des fils et des filles des Amis de sa Cultivée Petitesse. Pour finir cette folle semaine, le Duc s’était répandu sur les ondes radiophoniques, lesquelles avaient été répercutées sur la Grande Toile, qu’il envisageait sérieusement de remettre en question le vieux droit républicain de manifester, au motif que les Riens et les Riennes qui battaient le pavé étaient selon lui complices de ceux qui lançaient ces mêmes pavés dans les échoppes et aimaient à s’affronter aux Gens d’armes et autres chargés de faire respecter l’ordre républicain monarchique.

Les raisons des ces coups de menton et de ces semonces étaient à chercher du côté de la France Insoumise. Son Absolue Suffisance avait beau durcir le ton, et fustiger ces fauteurs de trouble, celles et ceux qui refusaient le Nouvel Ordre ne faiblissaient pas, même s’il avait exigé de tous ses échotiers-très-bien-nourris-aux-croquettes qu’ils et elles minimisassent l’ampleur de ce que ces Riens avaient osé appelé « marée populaire », et qui s’était déroulée dans toutes les villes du pays. Le Duc du Havre, Monsieur De Philippe, Premier Grand Chambellan de son Himalayenne Arrogance avait donné le ton en susurrant « qu’il s’agissait là d’un petit coefficient de marée ». La Marquise de Saint-Cric, une de ces gazetières fort en vue déjà du temps du roi Françoué, parce qu’elle avait rayé de ses dents fort pointues tous les parquets du palais de Solférino, s’acharna sur la Deuxième Lucarne Magique à déverser son fiel sur le tribun Mélenchon, à l’encontre de qui elle nourrissait une haine féroce.

Cette chronique du jour ne serait point complète si son auteure ne faisait point allusion à la déconvenue que le Sieur Borloo eut à essuyer, lorsqu’il se mit en tête de présenter à sa Grandeur Inspirée un « plan » pour améliorer – vœu pieu – les conditions de vie des pauvres gens parqués dans les faubourgs érigés de tours et d’immeubles où régnaient en maîtres les trafics en tout genre. Notre Bien Haï Suzerain, avec sa fougue et sa morgue coutumières, foula au pied ce modeste travail dont il affubla les auteurs de l’appellation « deux mâles blancs dans un bureau » . Il en profita pour promouvoir sa vision des choses : les faubourgs, ces banlieues lieux de toutes les turpitudes, étaient peuplées d’indigènes. On allait donc rétablir l’indigénat, et voilà tout. Pour ce faire, Notre Immense Ruissellement en appela aussi dans un de ces messages abscons dont il avait le secret, reflet de sa Complexe Pensée, aux mères, aux « mamans », puisque nous en arrivions au jour où il convenait, depuis le Maréchal Pétain – un autre dont il conviendrait que notre Brillant Souverain rétablisse très vite la mémoire fort injustement salie par ces maudits Résistants- de les fêter en leur offrant un de ces objets fabriqués à vil prix par des enfants esclavagisés par les bons soins de Ceux-qui-ont -réussi, ces financiers tant cajolés par notre Vibrionnant Monarc.

Il se disait aussi fort méchamment que sa Petitesse, en parlant de « maman », rendait en fait hommage à la Reine Qu-on-sort, laquelle était fastement entretenue par l’Argent Public, ce même argent public dont notre Révéré Roitelet entendait sevrer ses drogués de sujets.

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